Publié dans Editorial

Accusations à titre posthume !

Publié le jeudi, 10 octobre 2024

L’Abbé Pierre tombe de son piédestal. Dix-sept ans après sa mort, le 22 janvier 2007, le prêtre catholique français, icône des œuvres humanitaires se fait rattraper par ces errements frisant une obsession maladive ayant fait des victimes qui ne veulent plus garder secret ses blessures.

Des accusations d’agressions sexuelles qui deviennent de plus en plus précises à partir du 6 septembre dernier accablent le très célèbre prêtre catholique Henri Grouès (1912 – 2007) plus connu sous le nom de l’Abbé Pierre. Une vingtaine de femmes dont une fille de 7 ans au moment des faits révèlent qu’elles furent victimes d’agressions sexuelles répétées par le prêtre fondateur de l’Emmaüs et l’infatigable défenseur des opprimés de la société. En effet, l’Abbé Pierre fut de son vivant un grand prêtre qui dénonçait les injustices sociales. Il défendait pendant au moins trente ans les intérêts des sans-abris, des sans travail, des mal nourris, des exclus aux accès des traitements médicaux dignes des êtres humains, etc. Bref, c’est l’icône de la lutte contre toute forme d’injustice sociale.

Des questionnements reviennent sans cesse à l’esprit de certains observateurs « pourquoi attendre 17 longues années pour enfin dénoncer des crimes qui, au final, ne furent pas un secret. Sa famille savait depuis belle lurette les difficiles problèmes de l’Abbé Pierre sur sa sexualité. Sa propre sœur savait d’un « célibat insoutenable » dont son frère en est victime. Son neveu Guy Tuscher, 71 ans, qui montait sur le plateau de France Bleu Isère le 7 octobre dernier avouait qu’il est au courant des comportements indélicats de son oncle. L’ONG Emmaüs et la Fondation Abbé Pierre étaient d’une manière ou d’une autre qu’ils ont eu connaissance de cette triste affaire. D’une façon générale, l’appareil judiciaire aurait dû être mis au parfum des agissements du prêtre. L’église catholique, la hiérarchie jusqu’au Vatican le savaient naturellement.

Alors, pourquoi gardait-on le silence et attendre les 17 ans écoulés pour enfin réagir ? Certains organismes de défense des droits des victimes dénoncent carrément une complicité généralisée. Dans un pays où le système judiciaire est connu pour sa promptitude à agir sinon à se saisir sur des délits graves comme les agressions sexuelles sur des femmes sans défense parfois sur mineurs, on perd le nord de son « silence ».

Dix-sept ans après, on s’acharne sur l’honneur de quelqu’un qui n’est plus de ce monde alors qu’on savait plutôt qu’on était au courant de l’affaire relève d’un comportement douteux ! A travers ces accusations à titre posthume, on voulait la seconde mort de l’Abbé Pierre! A bon entendeur, salut !

Ndrianaivo

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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